moralIl fait beau, l'air ambiant sent le printemps...Zhom rentre ce soir d'un déplacement de cinq jours en Bretagne, et ne repartira pas avant mardi prochain.

Je tiens bon dans ma reprise en main Wetwet : j'ai perdu 5 kilos en quatre semaines, mon corps s'affine, notamment mon ventre, qui  semble décidé à fondre, ma silhouette commence à supporter mon regard dans le miroir (supporter, hein, pas aimer, faut pas exagérer non plus!!!).

Il y a une super-ambiance à l'école, je ne compte plus les fous-rire qui nous prennent en récréation, le midi, le soir, parfois même juste comme ça en vitesse entre deux portes. Nos élèves sont adorables, à chaque sortie avec d'autres écoles, je constate à quel point ils sont vraiment chouettes...

Bref, tout va bien, je vais bien, je ne vois pas pourquoi,pourquoi ça n'irait pas...

Et pourtant...

Mercredi, jour de pause. Depuis trois ans que je suis directrice d'école, j'avais pris l'habitude de partir dès 7h30 le mercredi matin travailler à l'école pour essayer d'abattre tout le travail que je n'ai pas le temps de faire lorsque je suis en classe.

Directrice depuis 3 ans, harcelée par une mère d'élève depuis deux ans...le harcèlement est devenu tellement insupportable en février dernier que j'ai craqué physiquement et arrêté d'aller à l'école le mercredi. Depuis, c'est une matinée sans réveil, une journée à la maison. Et je constate que chaque mercredi, je me sens totalement raplapla : aucune énergie, je fais tout à la vite de l'escargot. Et encore, lui doit aller plus vite que moi !!!
Ranger la maison me pèse, faire les courses est une corvée...

Aujourd'hui, en plus, j'ai le moral dans les chaussettes : depuis trois ans, je me démène pour redonner vie à l'école dont je suis la directrice. Projets, sorties, festivités au sein de l'école, travail d'équipe qui permet aux élèves d'améliorer de façon sensible leurs résultats...je crois qu'ensemble, nous avons fait tout ce qui était possible.
J'aimerais recevoir une reconnaissance du travail accompli ; et cette reconnaissance passe par une hausse des effectifs de l'école. Quand je suis arrivée ici, l'école était moribonde : fuite d'élèves, plus de vie... L'ancien directeur avait tellement fait fuir les familles qu'il a "réussi" à faire  fermer trois classes en 5 ans de direction !

Au bout d'un an de direction, j'ai obtenu une ouverture de classe. Mais cette ouverture est très fragile. Chaque déménagement d'une famille rend l'équilibre toujours plus précaire.

Et chaque année, je tremble : la menace de fermeture de cette classe pèse lourd. Hier, j'ai appris le départ de deux élèves à la rentrée prochaine. Un nouveau déménagement...

Alors, je me sens très, très découragée...

Bon, allez, l'écrire me permettra sans doute de prendre du recul et, de toutes façons...ça ira mieux demain !